Archéologie Alsace
Archéologie
The age of the upland grasslands of the Vosges Mountains is still not well known. On the basis of the study of historical archives, it was assumed that the forest clearings, which led to grasslands establishment, were done by the monks... more
The age of the upland grasslands of the Vosges Mountains is still not well known. On the basis of the study of historical archives, it was assumed that the forest clearings, which led to grasslands establishment, were done by the monks who colonized the Vosges valleys between the 7th and the 8th centuries. Our pedo-anthracological study raises questions about this
Pédogénèse et érosion des limons de plateau à l’Holocène en Ile-de-France : stratigraphie, datations et approche micromorphologique à Guitrancourt (Yvelines) P. Wuscher (Inrap/UMR 8591, patrice.wuscher@inrap.fr) L’étude des stratégies... more
Pédogénèse et érosion des limons de plateau à l’Holocène en Ile-de-France : stratigraphie, datations et approche micromorphologique à Guitrancourt (Yvelines)
P. Wuscher (Inrap/UMR 8591, patrice.wuscher@inrap.fr)
L’étude des stratégies d’occupations du sol par les sociétés est un sujet ancien en archéologie. La pédogenèse et l’érosion occupent une place essentielle dans ces analyses multicritères. Les luvisols développés sur les lœss des plateaux depuis le Tardiglaciaire en Ile-de-France sont peu connus. Les questions de l’âge de ces sols, des processus et de la chronologie de leur érosion restent posées. Si les fonds de vallées permettent de documenter les variations environnementales et l’érosion depuis le Tardiglaciaire (par exemple Pastre et al., 2006), l’information concerne de grands-bassins-versants. Surtout, si les matériaux proviennent pour l’essentiel du démantèlement de la couverture lœssique, les conditions pédologiques sont ici radicalement différentes et ne permettent pas d’établir de modèles sur la pédogenèse des plateaux.
Le remplissage holocène du vallon sec de Guitrancourt constitue un bon intermédiaire entre le sol du plateau et les remplissages alluviaux. Il est composé à la base d’un luvisol épais de près de deux mètres, développé sur des lœss ruisselés. Ce paléosol est fossilisé par près de quatre mètres de colluvions contenant plusieurs horizons brunifiés. L’étude micromorphologique de l’horizon Bt semble confirmer l’attribution au Tardiglaciaire de cet horizon (Van-Vliet-Lanoë et al., 1992). L’étude micromorphologique et les datations 14C des horizons supérieurs et de la séquence de colluvions participent quant à elles à la discussion sur l’horizonation de ces sols et permettent de documenter localement les rythmes de l’érosion des sols, en relation directe avec des occupations néolithiques et protohistoriques (Brutus et al., 2010).
BRUTUS F., BLASER F., BLASER R., WUSCHER P., PEAKE R. (2009) - Des témoins du dernier maximum glaciaire aux agriculteurs du premier Age du Fer, Revue archéologique du Vexin français et du Val d’Oise, n°41, pages 107-113.
PASTRE J.-F., ORTH P., LE JEUNE Y., BENSAADOUNE S. (2006) - L’homme et l’érosion dans le Bassin parisien (France). La réponse morphosédimentaire des fonds de vallées au cours de la seconde partie de l’Holocène, In Allée P., Lespez L., L’Érosion entre Société, Climat et Paléoenvironnement, Table ronde en l’honneur du Professeur René Neboit-Guilhot (Clermont-Ferrand, 25-26-27 mars 2004), Presses Universitaires Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, p. 237-247.
VAN VLIET-LANOE B., FAGNART J.P., LANGOHR R., MUNAUT A. (1992) - Importance de la succession des phases écologiques anciennes et actuelles dans la différenciation des sols lessivés de la couverture loessique d’Europe occidentale : argumentation stratigraphique et archéologique, Science du Sol, vol. 30, 2, pages 75 à 93.
P. Wuscher (Inrap/UMR 8591, patrice.wuscher@inrap.fr)
L’étude des stratégies d’occupations du sol par les sociétés est un sujet ancien en archéologie. La pédogenèse et l’érosion occupent une place essentielle dans ces analyses multicritères. Les luvisols développés sur les lœss des plateaux depuis le Tardiglaciaire en Ile-de-France sont peu connus. Les questions de l’âge de ces sols, des processus et de la chronologie de leur érosion restent posées. Si les fonds de vallées permettent de documenter les variations environnementales et l’érosion depuis le Tardiglaciaire (par exemple Pastre et al., 2006), l’information concerne de grands-bassins-versants. Surtout, si les matériaux proviennent pour l’essentiel du démantèlement de la couverture lœssique, les conditions pédologiques sont ici radicalement différentes et ne permettent pas d’établir de modèles sur la pédogenèse des plateaux.
Le remplissage holocène du vallon sec de Guitrancourt constitue un bon intermédiaire entre le sol du plateau et les remplissages alluviaux. Il est composé à la base d’un luvisol épais de près de deux mètres, développé sur des lœss ruisselés. Ce paléosol est fossilisé par près de quatre mètres de colluvions contenant plusieurs horizons brunifiés. L’étude micromorphologique de l’horizon Bt semble confirmer l’attribution au Tardiglaciaire de cet horizon (Van-Vliet-Lanoë et al., 1992). L’étude micromorphologique et les datations 14C des horizons supérieurs et de la séquence de colluvions participent quant à elles à la discussion sur l’horizonation de ces sols et permettent de documenter localement les rythmes de l’érosion des sols, en relation directe avec des occupations néolithiques et protohistoriques (Brutus et al., 2010).
BRUTUS F., BLASER F., BLASER R., WUSCHER P., PEAKE R. (2009) - Des témoins du dernier maximum glaciaire aux agriculteurs du premier Age du Fer, Revue archéologique du Vexin français et du Val d’Oise, n°41, pages 107-113.
PASTRE J.-F., ORTH P., LE JEUNE Y., BENSAADOUNE S. (2006) - L’homme et l’érosion dans le Bassin parisien (France). La réponse morphosédimentaire des fonds de vallées au cours de la seconde partie de l’Holocène, In Allée P., Lespez L., L’Érosion entre Société, Climat et Paléoenvironnement, Table ronde en l’honneur du Professeur René Neboit-Guilhot (Clermont-Ferrand, 25-26-27 mars 2004), Presses Universitaires Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, p. 237-247.
VAN VLIET-LANOE B., FAGNART J.P., LANGOHR R., MUNAUT A. (1992) - Importance de la succession des phases écologiques anciennes et actuelles dans la différenciation des sols lessivés de la couverture loessique d’Europe occidentale : argumentation stratigraphique et archéologique, Science du Sol, vol. 30, 2, pages 75 à 93.
The western coast of the Sechura Desert, with its specific geographical and archaeological settings, allows a geoarchaeological study based on the crossing of excavations and geormorphological pit data. Indeed, the Las Salinas depression,... more
The western coast of the Sechura Desert, with its specific geographical and archaeological settings, allows a geoarchaeological study based on the crossing of excavations and geormorphological pit data. Indeed, the Las Salinas depression, which is today arid and flooded only during the major El Niño events, has a strong potential in term of socio-environmental reconstructions. The interrelations prove to be strong between pre-hispanic communities of the second half of the 1st millenium AD which practicing an important fishing and fish preparation, and the environments and ecosystems belonged to a vast palaeo-lagoon. The geoarchaeological study allows to better understand the links between the natural environments and these populations strongly dependant of it because of their activities, but also able to adapt to important environmental changes. This variability is confirmed by palaeogeographical data for the two last millennia. Indeed, the occupation of Bayovar-01 site is contemporary to a vast lagoon system feeds by wetter palaeoclimatic conditions (several El Niño events participate to these) and set since several centuries in relation to the main shore bar building. The 8th century AD turning point shows an aridification of the climate, the closing of the lagoon and
its concomitant evaporation and the end of the occupation
its concomitant evaporation and the end of the occupation
- by Nicolas Goepfert and +2
- •
- Geoarchaeology, Archeology
Le projet d’extension d’une maison de retraite dans le centre de la commune d’Andlau (Bas-Rhin), au 12 Cour de l’Abbaye, a donné lieu à un diagnostic en janvier 2008 (responsable d’opération : Michaël Landolt), puis à une fouille... more
Le projet d’extension d’une maison de retraite dans le centre de la commune d’Andlau (Bas-Rhin), au 12 Cour de l’Abbaye, a donné lieu à un diagnostic en janvier 2008 (responsable d’opération : Michaël Landolt), puis à une fouille préventive en juillet 2008. Cette opération, couvrant une superficie d’environ 900 m², a permis d’explorer les terrains au sud de l’église abbatiale romane, et d’avoir ainsi pour la première fois une approche archéologique de l’abbaye médiévale d’Andlau, qui n’était connue jusque là que par les sources écrites de manière plutôt lacunaire.
Les textes indiquent qu’une abbaye réservée aux femmes de la haute noblesse aurait été fondée par Richarde, femme de l’empereur Charles le Gros, en 879/880. Les vestiges mis au jour viennent confirmer les sources écrites et plaident en faveur d’une construction dès la fin du 9e s. L’occupation est alors caractérisée par l’existence d’une pièce, chauffée par un poêle à pots tronconiques situé dans l’angle de la pièce. A l’est, les terrains sont utilisés comme zone de rejets domestiques. Dès le 11e s., cette zone change de fonction et devient sans doute une zone d’appentis, avec le creusement d’un puits et d’une fosse qui a servi de dépotoir. Les quelques traces de poteaux signalent peut-être une couverture en bois. Cette première phase (phase A) a par ailleurs livré un corpus faunique extrêmement riche, qui témoigne de la qualité et de la diversité de l’alimentation, et donc du niveau social élevé des religieuses.
À partir de la deuxième moitié du 12e s. (phase B), un nouvel ensemble plus vaste est construit. Il comprend quatre pièces au moins, disposées autour d’un cloître. La pièce située à l’est est dotée d’une structure de cuisson maçonnée, qui indique sans doute sa fonction de cuisine. Dans une deuxième phase d’aménagement, les espaces sont subdivisés, notamment dans la pièce la plus vaste. Au sud, l’espace est toujours libre de construction. Une canalisation scellée dans le mur méridional et destinée à l’évacuation de l’eau est installée.
Les 16e et 17e s. (phase C) sont une période de grande prospérité pour l’abbaye, qui a pourtant laissé peu de vestiges archéologiques. Hormis quelques nouvelles subdivisions dans les pièces existantes, la disposition des bâtiments conventuels varie peu jusqu’au 18e s. Un sol et un seuil en mortier conservés indiquent l’emplacement de l’accès au cloître depuis la pièce principale. Un bâtiment excavé de grande dimension est construit dans l’angle sud-est de l’emprise à une date indéterminée. Il est isolé des bâtiments conventuels et a une orientation tout à fait différente. Il est abandonné dans le courant du 16e – début 17e s.
Les bâtiments conventuels sont démantelés dès le début du 18e s. (phase D) et le cloître n’existe plus. L’absence quasi-totale d’éléments architecturaux témoigne d’une récupération méthodique de tous les matériaux de construction. La découverte à proximité du cloître de quelques ossements humains suggère la présence de sépultures dans l’enceinte de l’abbaye, qui auraient été perturbées lors du démantèlement. La disparition des bâtiments conventuels coïncide ici avec les importants travaux de reconstruction de l’église, autour de l’année 1700. Au début du 18e s., l’abbaye en tant qu’institution persiste, mais la vie commune semble prendre d’autres formes et induit de nouveaux logements pour l’abbesse et les chanoinesses.
Au moment de la Révolution, l’abbaye est supprimée et ses biens sont confisqués. Les bâtiments conventuels construits au début du 18e s. sont revendus et l’enclos abbatial est transformé en jardins.
Les textes indiquent qu’une abbaye réservée aux femmes de la haute noblesse aurait été fondée par Richarde, femme de l’empereur Charles le Gros, en 879/880. Les vestiges mis au jour viennent confirmer les sources écrites et plaident en faveur d’une construction dès la fin du 9e s. L’occupation est alors caractérisée par l’existence d’une pièce, chauffée par un poêle à pots tronconiques situé dans l’angle de la pièce. A l’est, les terrains sont utilisés comme zone de rejets domestiques. Dès le 11e s., cette zone change de fonction et devient sans doute une zone d’appentis, avec le creusement d’un puits et d’une fosse qui a servi de dépotoir. Les quelques traces de poteaux signalent peut-être une couverture en bois. Cette première phase (phase A) a par ailleurs livré un corpus faunique extrêmement riche, qui témoigne de la qualité et de la diversité de l’alimentation, et donc du niveau social élevé des religieuses.
À partir de la deuxième moitié du 12e s. (phase B), un nouvel ensemble plus vaste est construit. Il comprend quatre pièces au moins, disposées autour d’un cloître. La pièce située à l’est est dotée d’une structure de cuisson maçonnée, qui indique sans doute sa fonction de cuisine. Dans une deuxième phase d’aménagement, les espaces sont subdivisés, notamment dans la pièce la plus vaste. Au sud, l’espace est toujours libre de construction. Une canalisation scellée dans le mur méridional et destinée à l’évacuation de l’eau est installée.
Les 16e et 17e s. (phase C) sont une période de grande prospérité pour l’abbaye, qui a pourtant laissé peu de vestiges archéologiques. Hormis quelques nouvelles subdivisions dans les pièces existantes, la disposition des bâtiments conventuels varie peu jusqu’au 18e s. Un sol et un seuil en mortier conservés indiquent l’emplacement de l’accès au cloître depuis la pièce principale. Un bâtiment excavé de grande dimension est construit dans l’angle sud-est de l’emprise à une date indéterminée. Il est isolé des bâtiments conventuels et a une orientation tout à fait différente. Il est abandonné dans le courant du 16e – début 17e s.
Les bâtiments conventuels sont démantelés dès le début du 18e s. (phase D) et le cloître n’existe plus. L’absence quasi-totale d’éléments architecturaux témoigne d’une récupération méthodique de tous les matériaux de construction. La découverte à proximité du cloître de quelques ossements humains suggère la présence de sépultures dans l’enceinte de l’abbaye, qui auraient été perturbées lors du démantèlement. La disparition des bâtiments conventuels coïncide ici avec les importants travaux de reconstruction de l’église, autour de l’année 1700. Au début du 18e s., l’abbaye en tant qu’institution persiste, mais la vie commune semble prendre d’autres formes et induit de nouveaux logements pour l’abbesse et les chanoinesses.
Au moment de la Révolution, l’abbaye est supprimée et ses biens sont confisqués. Les bâtiments conventuels construits au début du 18e s. sont revendus et l’enclos abbatial est transformé en jardins.
La construction d’un lotissement d’habitation à Roeschwoog (Bas-Rhin, Alsace) a donné lieu, de mai à juillet 2010, à une opération de fouille préventive au lieudit « Am Wasserturm ». La commune se situe dans la plaine du Rhin, à... more
La construction d’un lotissement d’habitation à Roeschwoog (Bas-Rhin, Alsace) a
donné lieu, de mai à juillet 2010, à une opération de fouille préventive au lieudit
« Am Wasserturm ». La commune se situe dans la plaine du Rhin, à quelques
kilomètres seulement du fleuve. Localisé à l’entrée sud du village, le terrain soumis
à la fouille correspond à deux zones : au nord, quelques fosses de l’âge du Bronze,
un ensemble funéraire du haut Moyen Âge et un méandre du Rhin ; au sud, un
habitat rural du haut Moyen Âge.
Au nord, sur la terrasse alluviale, une occupation sporadique datée de l’âge du Bronze
a été mise en évidence. Le faible nombre de structures suggère une implantation
légère, peut-être de type agro-pastoral saisonnier.
Un ancien méandre du Rhin a été étudié, sous l’aspect envrionnemental et
archéologique. Actif dès l’âge du Bronze, il connaît des fluctuations d’intensité
pendant toute la Protohistoire et semble disparaître au cours de l’Antiquité/haut
Moyen Âge. Les études paléoenvironnementales qui nt été réalisées ont permis de
reconsituer les relations homme-milieu au cours de ces périodes.
L’occupation la plus significative correspond au haut Moyen Âge. Un ensemble
funéraire composé de 39 inhumations est implanté au nord du paléochenal. Les
sépultures sont réparties de manière lâche sur une superficie d’environ 2350 m².
Le mobilier, assez riche, date les premières tombes du dernier tiers du 6e siècle.
Le groupe funéraire fonctionne ensuite sans hiatus apparent jusqu’à la deuxième
moitié du 10e siècle.
Au sud se développe un habitat, déjà connu par une fouille de sauvetage située à
environ 250 m au sud. Les limites nord et est ont été bien identifiées, mais il semble
se poursuivre plus à l’ouest. Il se compose de structures assez classiques pour ce
type d’occupation (bâtiments sur poteaux plantés, cabanes excavées, puits, fosses,
sépulture isolée), mais il offre l’avantage de livrer un matériel riche et abondant,
qui a permis de dater précisément l’occupation, y compris les bâtiments, dont la
date habituellement nous échappe. L’occupation s’étend de manière continue, du
début du 7e siècle jusqu’au milieu du 9e siècle. Les parcelles perdent ensuite leur
vocation domestique et sont probablement mises en culture. La découverte d’une
sépulture isolée dans un fossé montre que le site connaît encore des traces de
fréquentation jusqu’à la fin du 10e siècle.
Ce site offre, pour la première fois en Alsace, l’opportunité d’étudier un ensemble
funéraire du haut Moyen Âge et l’habitat qui lui est contemporain.
donné lieu, de mai à juillet 2010, à une opération de fouille préventive au lieudit
« Am Wasserturm ». La commune se situe dans la plaine du Rhin, à quelques
kilomètres seulement du fleuve. Localisé à l’entrée sud du village, le terrain soumis
à la fouille correspond à deux zones : au nord, quelques fosses de l’âge du Bronze,
un ensemble funéraire du haut Moyen Âge et un méandre du Rhin ; au sud, un
habitat rural du haut Moyen Âge.
Au nord, sur la terrasse alluviale, une occupation sporadique datée de l’âge du Bronze
a été mise en évidence. Le faible nombre de structures suggère une implantation
légère, peut-être de type agro-pastoral saisonnier.
Un ancien méandre du Rhin a été étudié, sous l’aspect envrionnemental et
archéologique. Actif dès l’âge du Bronze, il connaît des fluctuations d’intensité
pendant toute la Protohistoire et semble disparaître au cours de l’Antiquité/haut
Moyen Âge. Les études paléoenvironnementales qui nt été réalisées ont permis de
reconsituer les relations homme-milieu au cours de ces périodes.
L’occupation la plus significative correspond au haut Moyen Âge. Un ensemble
funéraire composé de 39 inhumations est implanté au nord du paléochenal. Les
sépultures sont réparties de manière lâche sur une superficie d’environ 2350 m².
Le mobilier, assez riche, date les premières tombes du dernier tiers du 6e siècle.
Le groupe funéraire fonctionne ensuite sans hiatus apparent jusqu’à la deuxième
moitié du 10e siècle.
Au sud se développe un habitat, déjà connu par une fouille de sauvetage située à
environ 250 m au sud. Les limites nord et est ont été bien identifiées, mais il semble
se poursuivre plus à l’ouest. Il se compose de structures assez classiques pour ce
type d’occupation (bâtiments sur poteaux plantés, cabanes excavées, puits, fosses,
sépulture isolée), mais il offre l’avantage de livrer un matériel riche et abondant,
qui a permis de dater précisément l’occupation, y compris les bâtiments, dont la
date habituellement nous échappe. L’occupation s’étend de manière continue, du
début du 7e siècle jusqu’au milieu du 9e siècle. Les parcelles perdent ensuite leur
vocation domestique et sont probablement mises en culture. La découverte d’une
sépulture isolée dans un fossé montre que le site connaît encore des traces de
fréquentation jusqu’à la fin du 10e siècle.
Ce site offre, pour la première fois en Alsace, l’opportunité d’étudier un ensemble
funéraire du haut Moyen Âge et l’habitat qui lui est contemporain.
La fouille réalisée à Odratzheim « Sandgrube » a permis d’explorer une partie d’une vaste nécropole du haut Moyen Âge. Les 145 sépultures identifiées (pour seulement 118 fouillées) se répartissent sur l’ensemble des 5000 m² concernés... more
La fouille réalisée à Odratzheim « Sandgrube » a permis d’explorer une partie
d’une vaste nécropole du haut Moyen Âge. Les 145 sépultures identifiées (pour
seulement 118 fouillées) se répartissent sur l’ensemble des 5000 m² concernés
par l’opération, de manière plus ou moins dense selon les secteurs, mais aucune
limite n’a pu être clairement définie. L’échantillon d’étude reste cependant
significatif, puisqu’il compte à ce jour parmi les plus élevés de Basse Alsace.
Une conservation remarquable des éléments organiques ainsi que des
profondeurs d’enfouissement importantes ont permis de déceler ici des éléments
d’architecture funéraire encore peu observés pour la période. Les chambres
funéraires habituellement présentes sur les nécropoles du haut Moyen Âge
sont bien ici représentées et constituent plus de la moitié des inhumations. Au
type bien connu de chambre de type « Morken » s’ajoute notamment un type
inédit : il s’agit de chambres étroites mais de forme très allongée, fermées
par un couvercle reposant sur des banquettes taillées dans le substrat. Des
sépultures en coffrage lithique ont également été découvertes. Une douzaine
de ces sépultures étaient entourées d’un cercle funéraire, témoignant sans
doute de la présence de tumulus.
Si les indices chronologiques n’ont pas montré de schéma de développement
spatial particulier, ce sont d’autres données qui ont révélé une gestion spécifique
de l’espace funéraire : répartition par type de sépulture, espace dédié aux
sujets immatures, pôles familiaux… Les réseaux d’apparentement s’avèrent
plus complexes que les seuls liens de parenté, mais ils échappent en grande
partie aux observations de l’archéologie.
L’étude anthropologique des individus inhumés reflète les caractéristiques d’une
population naturelle de type société pré-jennérienne. Le bilan paléopathologique
montre quant à lui un environnement globalement défavorable et un accès aux
soins visiblement difficile, voire inexistant. Les pathologies dégénératives et
les marqueurs osseux d’activités sont fréquents, témoignant d’une sollicitation
physique importante chez toutes les classes d’âge des adultes. La différence de
localisation de ces lésions en fonction du sexe laisse entrevoir une répartition
des tâches différenciée pour les hommes et les femmes.
Des lésions liées à une tréponématose ont été identifiés pour trois individus.
Ce diagnostic, qui demande encore à être confirmé, pourrait représenter une
avancée majeure en paléopathologie, prouvant ainsi que la maladie était déjà
présente en Europe avant le 15e siècle.
d’une vaste nécropole du haut Moyen Âge. Les 145 sépultures identifiées (pour
seulement 118 fouillées) se répartissent sur l’ensemble des 5000 m² concernés
par l’opération, de manière plus ou moins dense selon les secteurs, mais aucune
limite n’a pu être clairement définie. L’échantillon d’étude reste cependant
significatif, puisqu’il compte à ce jour parmi les plus élevés de Basse Alsace.
Une conservation remarquable des éléments organiques ainsi que des
profondeurs d’enfouissement importantes ont permis de déceler ici des éléments
d’architecture funéraire encore peu observés pour la période. Les chambres
funéraires habituellement présentes sur les nécropoles du haut Moyen Âge
sont bien ici représentées et constituent plus de la moitié des inhumations. Au
type bien connu de chambre de type « Morken » s’ajoute notamment un type
inédit : il s’agit de chambres étroites mais de forme très allongée, fermées
par un couvercle reposant sur des banquettes taillées dans le substrat. Des
sépultures en coffrage lithique ont également été découvertes. Une douzaine
de ces sépultures étaient entourées d’un cercle funéraire, témoignant sans
doute de la présence de tumulus.
Si les indices chronologiques n’ont pas montré de schéma de développement
spatial particulier, ce sont d’autres données qui ont révélé une gestion spécifique
de l’espace funéraire : répartition par type de sépulture, espace dédié aux
sujets immatures, pôles familiaux… Les réseaux d’apparentement s’avèrent
plus complexes que les seuls liens de parenté, mais ils échappent en grande
partie aux observations de l’archéologie.
L’étude anthropologique des individus inhumés reflète les caractéristiques d’une
population naturelle de type société pré-jennérienne. Le bilan paléopathologique
montre quant à lui un environnement globalement défavorable et un accès aux
soins visiblement difficile, voire inexistant. Les pathologies dégénératives et
les marqueurs osseux d’activités sont fréquents, témoignant d’une sollicitation
physique importante chez toutes les classes d’âge des adultes. La différence de
localisation de ces lésions en fonction du sexe laisse entrevoir une répartition
des tâches différenciée pour les hommes et les femmes.
Des lésions liées à une tréponématose ont été identifiés pour trois individus.
Ce diagnostic, qui demande encore à être confirmé, pourrait représenter une
avancée majeure en paléopathologie, prouvant ainsi que la maladie était déjà
présente en Europe avant le 15e siècle.
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